Bouffer du créatif ! Corrompre les talents pour monétiser leurs productions. Captage sans scrupules de véritables chefs-d’oeuvre pour faire du blé & défroquer l’artiste. Calaminer l’inspiration pure par une compromission contre nature.

Imposer le prêt à penser aux inspirés. Détruire la culture, bannir les ratures, enduire l’oeuvre de l’artiste d’un nauséabond surfactant policé. Il faut que ça sonne bien, que l’artificiel goût fasse recette.

Art politiquement modifié, agencement calligraphique imposé. Normalisation du trait de pinceau & de la tenue du stylo. Feindre que ça plaise, tant pis pour l’originalité tant qu’abonde le pétrodol’Art.

Engorger les portées de fiente, noyer les mélodies de médiocrité sous prétexte de plaire au capitalhymne. Confection de convenances & de convenus. Clonage & moulage d’un paraître acceptable. Beat mécanique mimant la trop traditionnelle position du missionnaire, en avant le tempo pour des chanteuses dénudées espérant nous donner chaud.

Société du spectacle téléguidée, mise en scène imposée par ceux qui souhaitent capturer nos pensées. S’assouvir d’une condition humaine asservie tout en s’exaltant de la bonne vente des billets d’entrée. Monte sur la planche jeune troubadour, le marché te dira dans quel sens bouger & sur quel rythme tu devras danser.

Hyperballet de piètre qualité, tu produis ta daube administrée en quantité. Étoile montante sous contrainte, toute sortie du cadre sera définitive. Gare aux représailles artiste libertaire si tu quittes tes rails. L’inspiration débridée ne percevra aucun cachet.

9 avril 2015