Jeunesse éphémère et volatile. Temps des instants amicaux joyeux. Nous composions allègrement dans la joie, la bonne humeur et sans attente spécifique. Nous aimions la musique, nous apprécions nos amitiés. Moments spontanés & libertés imprécises.

Munis de rien, encore moins de talents, nous arpentions notre scène de palettes de fortune. Joyeux amis unis autour d’harmonies que nous élaborions en paix. Nous tentions, osions, et partagions. La foule aimait peut-être, nous nous régalions. Ambiance assurée par ces Gauchos d’un autre temps. Entre guitares à peine accordées et micros court circuités.

Nos routes se sont éloignées. Enquêteur, Danseur, Préventeur… Télescopage imprévu d’électrons libres désinvoltes. Le contact demeure quoiqu’il soit faible. Comment telle union pourrait-elle s’effacer et encore moins s’oublier ? Errant chacun sur un chemin qui leur est propre, ils s’y sont peut-être égarés. Choix de vie qui nous absorbent.

Nous avions la guitare, la picole, le biniou & nos liens pour atténuer nos angoisses existentielles de jeunes adultes quittant à peine l’adolescence et ses tumultes. L’évasion se faisait ainsi… nous ne refaisions pas le monde, nous esquivions & évitions de le subir. Détergentes réalités qui consument, irritent, malmènent au point que l’on en suffoquait. Nous aimions si peu le mal de nos vies que nous nous camouflions sous les mélodies. Evadés, apeurés, mais révoltés, nous cherchions d’apaisants soulagements en improvisant.

En ces temps instables, n’est-il point venu de se ré-unir & s’y remettre avec sagesse ?

18 février 2017