Tempête opaque sur notre terre occultant les rayons solaires. Panne de courant généralisée dans un monde à jamais déconnecté. Pénombre imposée, numérisme avorté, frein soudain d’une civilisation pressurisée. Abandon contraint de nos écrans tactiles, abolition des ondes, dissolution des volts & des ampères, extinction de nos virtuels univers.
Comment réagirait notre espèce ? Paniquée ou Préparée ? Allumerait-elle les bougies plutôt qu’hurler sa peur du noir ? Irait-il socialiser ou se cloitrerait-elle dans un inquiétant mutisme ? Serions-nous encore aptes à rebondir dans de telles circonstances après tant d’années d’assistance & d’infantilisation ?
Téléphones silencieux, ordinateurs aussi pertinents qu’un Tupperware. Disparition des radios, des télévisions, des tweets & des textos. Résorption des distances virtuelles & intrigante réapparition de la proximité à visage humain. Dissipation du confort moderne & de ses excès contre nature bien au-delà du strict nécessaire.
Retissage du lien familial & social, évaporation des différences dans un melting pot de déconnectés. Dispersion de la vitesse quotidienne cédant sa place au pas-à-pas. Évaporation des courbes du marché substituées par notre bon vieux troc. Renaissance de la proximité, de la collectivité sincère, de l’empathie & du rapport véritable à l’autre.
Citoyens de la terre, aurons-nous perdu nos instincts d’animaux sociaux aux dépens d’un crétinisme numérisé de masse ? Parviendrons-nous à décoller nos fesses de nos chaises amarrées avec ferveur à nos ordinateurs ? Solidarité induite ou vent de panique d’une déconnexion subite ? Soutien mutuel ou insurmontable deuil de notre ère virtuelle ?
26 mars 2015