Abattus, tristes ? Que peuvent-ils bien ressentir ? Entre eux communiquent, inspirent & expirent, partagent, équilibrent. Groupés, solidaires, fiers & frères, enracinés à l’écorce terrestre, ils y puisent, transforment. Ils vivent, prospèrent puis meurent. Comme nous…

Du plus frivole au plus robuste, leur force vient de leur beauté. Ils nous font vivre, nous les exploitons. Libres à l’état naturel, organisés en forêt, fusions de tant essences. Plantés en lignes & taillés en planches par l’exploitant, succombant parfois à l’ouragan. De l’humus ils proviennent, à l’état de sciure parfois adviennent. Subtiles danseurs au vent //

De rameaux aux fruits, coule coule la pluie le long de tes moindres replis. Ecorce que l’on écorche, puise à ta sève son parfum sans un merci, en beau chalet tu termines ta vie. Tu ne nous comprends pas, nous non plus certainement. Pire, nous t’ignorons. Tu es ici & là, de moins en moins. Le gris & noir masquent ton vert soyeux. Et si nous te respections ?

N’a t-on pas à apprendre de toi plutôt qu’à tout te prendre. Sans toi à travers nos fenêtres, nos paysages seraient dénudés & amorphes de ton absence. Abris de temps d’espèces, tu es vivant, communicant avec tes frères par l’invisible & vaste réseau mycélien.

Tu étais là bien avant nous, ancêtre de notre Terre, témoin de ses anciennes ères, producteur d’air pur & adorable compère. Ne devrions-nous pas te témoigner notre gratitude au lieu de te tronçonner ? Entaillé, blessé, déraciné par nos accès de folie… Arbre de vie, soyons amis. Nous devons apprendre à te connaître, te considérer & mieux cohabiter.

1 février 2018