21° siècle, le chemin pris par l’espèce humaine semble être celui du marché. Cette trajectoire ne semble pas d’excellente augure. La valeur de tout ce qui nous entoure, meuble nos maisons & nos vies, apparaît souvent bien désuète pour ne pas dire insignifiante.

On consomme comme l’on utilise la politesse ou la gratitude, bien trop souvent avec les pieds. Des avalanches de regrets à postériori d’éphémères satisfactions de désirs artificiellement élaborés. Notre petit univers se porterait-il vraiment plus mal si la monnaie venait à disparaître ? On se bat, on ment, on triche, on corrompt, on tue pour quelques billets ou zéro de plus sur un bilan bancaire. L’amour n’est pas côté en bourse, ni la vie.

Ces pièces, chèques, cartes bancaires & co aggravent injustices, pauvreté, famines. Ces « moyens » artificiels & inventés creusent chaque jour les inégalités. Qu’importe, économistes & banquiers se bornent à maintenir d’un ton grave & solennel l’écu sur son piédestal. Métal fondu, sculpté & gravé, remplacé progressivement par des lignes comptables parfois fictives, l’argent coule à flot. Il ne franchit jamais le barrage des castes. Les transactions humaines dépendent d’un système perverti par & pour une élite gloutonne.

L’existence qui lie chaque être entre eux, l’humain au monde & vice versa semble n’avoir aucune valeur face aux courbes agitées des bourses qui rythment licenciements, exclusions, pillage & pollution planétaires. Redoutable bug conçu par notre espèce. N’est-il pas temps de transcender nos échanges inter-humains en disqualifiant argent & capital ?

17 juin 2017