Immenses rivages à perte de vue, plages vierges lissées par le mouvement de l’Océan. L’eau corrige marques & souffrances de la Terre. Trait côtier erroné par le temps & les vents. Les ombres se projettent en absence des rayons solaires, tout disparaît dans un néant précurseur à l’image de ces fonds marins demeurant vierges de quelconque compréhension.

Calme plat, ni onde ni vie, peut-être des pensées, des volontés de devenir, d’être & se découvrir. Les volumes vont & viennent, formes des idées, plus ou moins cohérentes. Des phénomènes attribués à de grands & beaux principes. Comment s’y retrouver ? Accorder du Sens tout en saisissant les valeurs profondes de tout cela peut nous sembler impossible.

Cette existence à la fois fragile, instable & déroutante à de quoi infuser d’intenses sentiments de perplexité. Personne ne semble avoir de réponse claire & profonde. D’aucun prétendront tout connaître & s’inscriront de fait au grade déifié de porteur de vérité. Clamer la maîtrise de l’inconnu confesse un risible paradoxe. On cherche, on s’égare, le vide exulte.

Embrasée, la pierre s’effrite en poudre éparse disséminée par le souffle du Zéphyr. Tournoyante aux quatre cadrants de l’horizon, le voyage propose découvertes, rencontres, chocs & pauses. Aucun temps mort, si ce n’est l’état poussiéreux. Vagabonder en explorant des espaces naissants, y apposer des traces & marques de passage mémorielles.

En valses spiralées de haut en bas & inversement, ton Père te regarde valdinguer & te débattre jusqu’à ce que tu apprennes qui tu voudrais bien être. Tu t’égares, t’interroges sans répit, les forces de vie s’affaiblissent en laissant soudain un sentiment d’épuisement. A bout de souffle, des soubresauts, les grains fins se séparent & s’éparpillent oubliant l’espace & le temps. Tombe en sable, une chute de fin sur lui-même alors qu’il n’est plus.

La Mer laissera passer sur son front une douce vague gommante de toutes ces marques acquises & incrustées. Paisible rivage, côte belle & sauvage, les pleurs se perdent en embruns, la rudesse des chaudes dunes absorbent les dernières gouttes d’eau qui perlaient encore. ReNaissance d’un silence, paisible, seul dans son immensité absolue. Rien ne troublera un si ravissant sommeil. Un jour, il ouvrira les yeux & s’immergera de nouveau....

28 juin 2020