Notre père nous parlait parfois des baboux. Ces êtres qui, a la tombée de la nuit, venaient hanter les rues de notre Pays Basque natal. Nous traversions, au rythme des échos de klaxons, le tunnel amenant au rocher de la vierge où nous percevions la pesante présence des silhouettes babouesques sculptées sur les murs du musée de la mer. BTZ anxiety…

Petit plouf dans les eaux calmes du port vieux, son petit plongeoir, ses rochers à crabes & sa vue sur le bel horizon lointain jonché du fameux boucalot. Les légendes paternelles rodaient ici aussi des probables déjections d’excréments Biarrots dans notre zone de baignade. Qu’importe, après ces ablutions en eaux troubles, direction notre glacier préféré.

Une bonne glace chez Dodin pour se réchauffer le coeur & s’agiter les papilles d’un parfum passion introuvable nulle part ailleurs. Et ces cornets gaufrés artisanaux, quelle merveille de goût pour la gourmandise ! Ces souvenirs qui demeurent & font chaud au coeur. Nous avions du bon temps en famille quand il était en repos & nous accompagnait.

Merci à lui pour ces beaux & tendres souvenirs de la belle côte basque; autrefois moins peuplée, non envahie de bâtisses & autres infrastructures désormais dénaturantes. Le sable y était fin, les plages planes où l’odeur des embruns de sel marin a laissé place aux émanations de notre folle civilisation. Papa nous parlait souvent du fameux rayon vert accessible au regard du petit humain qui voulait bien voir dans la beauté d’un coucher de soleil son clin d’oeil à l’océan. Bien que j’y ai toujours cru, je ne pense pas l’avoir déjà vu…

21 décembre 2017