Enfermé(s), tout doucement… Couvrir ce feu qui nous anime; l’éteindre… Le silence de la rue d’Antan laisse place à la cohue des véhicules qui courent après l’économie du temps moderne. Visages crispés, nerfs à vifs, les masques camouflent les dernières moues d’une humanité qui décline en souffrance. Sourire, Vivre malgré tout, haut les coeurs assoupis.
Ce petit coin de paradis que chacun peine à se construire, tant l’insanité du dehors s’infiltre par la moindre brèche de notre paisible alcôve. Les protocoles fleurissent plus vite que les fleurs, les joies s’effacent dans les peurs & les pleurs. Nos émotions hésitent à danser; nous réagissons, à tout, à tous. Admettre cette incertitude calmement…
Le monde de chacun entre en collision avec celui de l’autre, & s’égare dans le Monde commun, synthèse des points de vue, melting pot de la diversité du vivant. Le temps de la polarisation est là. Les tensions s’intensifient, la cocotte minute siffle la surpression des êtres & de la Terre. Ecoutez ! Il est tard, & si nous sortions de ce brouillard blafard ???
Quand la métrique prend le dessus sur le sentiment, quand le coeur se tait devant la technique & les statistiques, quand la sécurité étouffe la liberté, la Vie se meurt en nous. Tais toi & fais ce que je te dis, sinon…! Les registres des culpabilités se garnissent d’injonctions paradoxales paralysantes. Les masses courbent l’échine devant l’anormalité !
Pour le meilleur &/ou le pire ? Entre les deux, mon neveu… Danse ou meurt qu’il disait. Observer ce dernier acte de la pièce tragiko/comik terrestre sans rien dire m’étouffe. Nous nous débattons dans un marécage de bêtise. « La régulation se fait par la connerie » disait mon Père. Les seuils d’alerte sont largement dépassés. Puissions-nous l’intégrer & ajuster.
5 novembre 2020