Au delà des masques, des vernis & autres carapaces derrières lesquels chacun d’entre nous se camoufle, il y a un coeur qui bât & ressent. Nous tentons de convaincre autour de nous que la crainte que nous inspirons devrait inciter l’autre à s’éloigner sans attendre.
Cette parade, ce tour de prestige nous dessert bien plus qu’il ne nous rend service. Nous tentons de garder contrôle sur notre espace personnel, nos souffrances, nos souvenirs délicats, notre nostalgie & l’interprétation que nous avons bien voulu faire de notre passé. Nous refusons de partager ces énigmes intimes sous prétexte d’effrayer, d’être moqué ou incompris. On se flagelle dans un silence entretenu oppressant qui nous éteint & nous tue.
Tous, nous avons souffert, souffrons encore & souffrirons jusqu’à notre dernier souffle. Ainsi la vie s’offre à nous avec ses lots de tristesses, malheurs, mais aussi de bonheur & de joie. Sans exception, nous pensons pourtant chacun nous démarquer convaincu que seul nous méritons de rester incompris. Alors qu’il suffit de lever le voile sur qui nous sommes vraiment, ce que nous ressentons, partager autour de nous ce qui nous a blessé & nous opprime pour enfin pouvoir revivre & respirer librement.
Ouvrir la porte à notre sincérité, livrer aux autres avec humilité, sans honte ni mièvrerie, oser confesser ce qui nous fait mal & nous aigri, accepter que nous sommes tous capables de nous comprendre, nous soutenir, nous étreindre, pour vivre plus paisiblement. Laisser tomber murs & barrières mentales qui isolent, affolent. Parler & pleurer libèrent…
11 mars 2017