Pensée bloquée, ouverture verrouillée. Ne prévaudrait que leur unique vérité. Envisager leur pensum comme « potentiellement erronée » devient délit d’éclairé. Munis de leurs seules certitudes, ils s’affichent convaincus de leur sincérité. Enfermer dans leurs propres idées, leurs conclusions s’inscrivent nécessairement en authentique réalité. Le monde s’inscrit en faux s’ils ne l’ont pas défini.

Caricature simpliste d’un présent homogénéisé non modifiable tant qu’ils ne l’ont pas décidé. Les autres auront tort à moins de rejoindre leur bord. Idée arrêtée, réflexion mystifiée, toute quête d’une autre vérité sera d’emblée sabordée. Tout soupirant à leur courant s’inscrit comme dangereux déviant.

Décortiquer leur prêt à penser imaginé, fantasmé & cajolé aboutit spontanément au rejet. Inconcevable remise en cause de leur psychique apoptose. De croyance en providence, d’errements décadents en éternels flottements, ces individus s’inscrivent en convaincus. Parti pris plein de mystères du fonctionnement de notre univers. Ils ont forcément raison, les autres n’en sortent que plus cons.

Demandons-leur pourquoi. Comment fonctionne leur monde ? Peuvent-ils nous expliquer l’achèvement de leurs pensées ? D’où surviennent leurs idées bien ancrées dans leur seule réalité ? Envisagent-ils un quelconque biais susceptible de les déstabiliser ?

L’intégration du rationnel les intrigue, l’évocation du factuel les fatigue. Pourquoi discuter, argumenter, repenser, alors qu’ils ne peuvent se tromper ? Pourquoi leur vision du monde scotomisée pourrait prétendre à une quelconque primauté ?

11 février 2015