Entre Ciel & Terre, au delà le la Mer, un petit grain de sable dans l’éternité. Marche, court, s’immobilise & s’équilibre. Calme, agité, reposé, l’Océan, l’homme, l’animal, se répondent en langage délicat. Ils s’observent, se touchent, se parlent & s’entendent. L’un sur l’autre, en couches stratifiées qui s’entremêlent & se confondent. Transfusions des éléments vivants.
Là, ici bas, & en haut, & partout, tout le temps, & nulle part. Souffle cette tendre bise sur ce visage, chauffe ce soleil qui apaise, lorsque les embruns se mêlent en épurant les larmes. Beau rivage, belle ligne qui rassemble la Terre & l’Eau, sensible aux temps, aux vents, à la Lune & au Soleil. Foulées qui défoulent, au rythme des vagues qui se déroulent.
Salaison de l’Air de bord de Mer, gazette des saisons qui vont puis viennent. Grandir, frémir, punir, découvrir; au clair de Lune, de l’Aube au Crépuscule, les contrastes se succèdent & nourrissent l’Esprit. L’animal, l’homme, l’un & l’autre, l’un puis l’autre. Partages, visages, rivages, & des rages aussi; puis l’on devient un peu plus sage. L’Art naufrage / sauvetage…
Au bord de l’Océan, on échange, on change, parfois on dérange. On fait des vagues, face aux digues qui redirigent, restreignent & bousculent. Houleuse Vague qui submerge, inonde ou doucement purifie & pardonne ce rempart qui sépare. Muraille de Pierre, l’érosion aura ta peau à l’usure, carbones cristallisés, de sable & de dunes. En bord de falaise, le vide attire.
Gravir les Monts, atteindre parfois les Cieux, descendre, osciller, chuter, se briser, attraper la main du soutien lors d’un dernier soupir; se relever lentement, tendrement, repartir & terminer le commencement. Tout début a sa fin, son miroir. Génération, régénération, dégénération, cours de récréation de la Création. Vertiges en brouillard du soir.
On se voit dans le reflet, de l’eau, du miroir, de l’autre. L’être qui se pense, se construit, se dépouille, souffre, meurt & renaît. Se dénuder de ses couches, la poupée russe expose ses parties des plus intimes, ce qu’elle cache à l’intérieur. Se dévêtir, se ressentir, s’épanouir peut-être. L’Art de sculpter ce roc au burin puis affiner les traits à la plume…
S’éclipser un temps, pour mieux revenir; disparaitre pour exister. Habile l’animal. Du fer au platine, nuances & vibrances; châteaux dans le sable, dans le ciel, la maison dans le coin. Le lendemain qui vient & il sera toujours là; les traces ne s’effacent. Vagabonder dans le Temps & l’Espace, apprendre à comprendre comment mieux Aimer; porté par le courant Vie…
27 avril 2020