Vide à l’intérieur, récipient creux presque insipide. Sentiment de néant, d’absence de mouvement. Entre calme & exaspération, désemparé, tel un cristal figé. Le ciel se voile, la lumière s’étiole & la Lune boude. Chagrin du matin, les nuages pleurent tant qu’ils pleuvent. Souffre dans l’Air, de l’aube au crépuscule qui maintenant se ressemblent. Apnéegation…
Rivières pourpres où s’écoulent haines & peines. Ces monts qui éructent ses tensions réprimées qui oppriment. Croûte vibrante ridée du temps, déchirée en indélébiles cicatrices. Stigmates incompris d’une existence tiraillée en dedans & en dehors. De collusions à collisions qui trahissent ou punissent. Ultimes battements avant le dernier bouquet.
Instants de répit précédent le dernier soupir. Empire du pire repu, vacille & suffoque. Oraison des morales bannies & englouties. Dans le silence de ces nuits qui rodent, résonnent les trompettes de la destinée. Confluences de fléaux des temps modernes, les tourterelles perdent leurs ailes, les hirondelles abandonnent ce printanier bûcher de vanités.
Troubles épidémiques, soubresauts des derniers survivants, les coeurs en peur où chantent choeurs en pleurs. Les larmes peinent à éteindre les passions déchainées. Coups de tonnerre dans l’obscurité, grondent sur les déconvenues démodées d’un Monde devenu immonde. Salves torrentielles de grêlons qui flagellent & lynchent les pèlerins égarés.
Tombée du rideau & naufrage des derniers radeaux de sauvetage. Âge de raison des sagesses éperdues enterrées dans le silence glaçant des notes terminales. Révérences d’époque, salutations distinguées sans au revoir. A’dieu qui décidera des prochaines rencontres. Cimetières de poussières, Cassandre en cendres, descentes in’fernales dans l’eau des las.
Atrophies des racines, tronc rongé par les micelles infiltrants, point de fruits, des feuilles jonchées sur un sol appauvri qui hésite à offrir l’humus nouveau. Caprice insouciant ? Justice sage pratique qui explique ? Que restera-t-il & pour en faire quoi ? Destin choisi/subi; Etapes pédagogiques… dernier contrôle apocalyptique avant la montée en degré. Sourire d’une note salée, l’encre coule, papier froissé en dernier parchemin pour mémoire…
23 avril 2020