Prospérité d’un côté, déshérités du monde à l’opposé. Fument les usines pendant que dévaste la famine. Hémisphères opposés d’une humanité sans cesse scindée. Aveugles empiffrés de ces miséreux affamés, dédaignés assoiffés de ces outranciers phagocytes de l’humanité.

Sous l’alibi productiviste du marché, l’externalisation masque hypocritement la redoutable exploitation. Forages bien fourrés, élagage déraisonné de nos forêts, rien de tel pour se faire un peu de blé. Monnaie trébuchante d’industries mutilantes, massacre planétaire de notre merveilleuse Terre. On déracine les familles & assassine les fratries.

Au Sud, l’argent du Nord rend les êtres digestes. On les dévore, eux nous implorent. Rythmes endiablés des courbes financières escortant la multitude dix pieds sous terre. Sacrifice volontaire du délire monétaire? Adultère délibéré de puissants ignorants ?

Symphonies des métaux & du feu, balai funeste des ascrupuleux, industries fumantes & laminantes de la misère environnante. Enterrement de l’équité sacrifiant nos désoeuvrées minorités. Ventre repu de l’homme vêtu convoyant à la rue le pauvre homme nu.

Ainsi va la vie. Déciment les victimes de cet indescriptible crime. Nations noyées sous le pognon, les pauvres seraient-ils votre péché mignon ? Guerre & misère sont pour vous de magnifiques affaires. Spolier d’autres vies n’a pas de prix ? Conquêtes malhonnêtes de l’homme à la mallette. Sombres funérailles de la pauvre piétaille décharnée par ces avares qui l’assaillent. Vilain cauchemar où plus personne ne se marre sauf le vénal profiteur au petit coeur.

23 février 2015