Nos émotions ruminent & fulminent, assoupies, grondantes, en effervescence. Calmes, bouillantes, paisibles, en furie. La lave aussi a ses moments de tranquillité, s’agglomère, se tasse, monte en pression, pousse vers la surface conduisant parfois à l’explosion.

Nous avons tant de difficultés à les comprendre, à les nommer. Comment les appréhender, les reconnaître ? Peut-on les amadouer & quels moyens d’y parvenir sans s’y brûler ? Doit-on pour autant en avoir peur, ou pire encore les étouffer en espérant ne plus jamais les ressentir ? Elles sont en nous & nous irriguent, nous tourmentent & nous réjouissent.

Espèce sensible que nous sommes, si vulnérable à la souffrance, à la critique. On s’émeut de si peu, on vacille face aux embuches, nous jubilons sous l’effet des bonnes surprises. Nous voudrions tout contrôler, maitriser ce qui nous entoure & nous contient. Nous n’y parvenons guère. Pourquoi cette incapacité à entendre ce qui désire s’exprimer au plus profond de nous ? Ces signaux divers qui nous échauffent & pourraient bien nous guider.

L’implosion menace sous une pression mal jugulée, non exprimée. On se sent parfois incompris par autrui alors que nous avons évité la cruciale étape d’entendre nos ressentis. Mettre des mots sur nos maux, les nommer pour les interpréter & les transcrire en termes audibles pour notre conscience embrumée. Tous égaux devant l’insondable mystère de nos sentiments, de nos émotions, qui séparent & nous unissent au monde & aux autres.

13 mars 2017