Chacun, perdu dans ses pensées tend à s’égarer dans la compréhension de l’autre. On interprète la pensée d’autrui en la transcrivant via le prisme de sa propre opinion. De cette maladroite traduction pseudo empathique nous pensons l’intégrer raisonnablement.

C’est pourtant le contraire qui survient. Nous déformons, conditionnés par nos propres valeurs, ce que l’autre que soi pense. Une cascade de malentendus ne manquera pas de découler de cette non-conformité dans le lien social.

Nos valeurs, nourries religieusement & acculées de toutes sortes de croyances, travestissent notre vision du monde. L’autre devient ennemi, fabulateur, conspirateur, étranger de notre propre existence, susceptible de nous nuire. Défense, méfiance & rétractation apparaissent effaçant de notre imagination tout espoir d’apaisement.

La crainte parfois mêlée de peur remplace l’expérience envoutante de l’échange constructif. L’autre effraie, il pourrait nous nuire. Son silence & son air narquois abritent d’obscènes pensées. Pourquoi veut-il précipiter ma fin ? Pour prendre ma place & me dévorer tel un vautour affamé ?

Détrompez-vous, l’autre abrite probablement le même instinct de préservation que nous. L’homme serait un animal social. Cohabiter sans nous entretuer ? Conception subtile à explorer, tribus que nous sommes rongeant chaque jour ce territoire commun & délimité ?

18 janvier 2015