Pieds nus sur le sable, l’homme moderne s’évade un temps de sa vélocité existentielle occidentale. Longeant calmement l’écume émergente des vagues provenant du large, l’être avance à petit pas entre Terre & Mer. Les embruns océaniques parfument l’air qu’il respire paisiblement. Il en oublie les outrages qu’il subit au quotidien & ceux qu’il induit parfois.

Absorbé dans sa ballade côtière en toute sérénité, il occulte inconsciemment tout ce qui le lie au monde, aux océans & tout ceux & celles qui vivent & cohabitent avec lui. Parmi ses concitoyens de la planète bleue, évoquons les sirènes. Inquiètes, souffrantes & malmenées, elles suffoquent dans l’abysse oublié des humains. Condamnées à mourir !

La main de l’homme sait caresser, elle sait aussi construire, produire, détruire & tuer. Point de gloire sur ces derniers points. Notre société & ses modes de vie produisent tant de superflu délétère & insignifiant. Tant de conséquences néfastes & intolérables, monde défiguré, océans plastiqués & pollués, faune & flore déconsidérées, honnies & maltraitées.

Sirènes qui raisonnent & appellent à cesser la déraison, l’eau se trouble, l’air contamine, nos vies se terminent. On fabrique (pour qui, pour quoi, pourquoi, comment ?), on consomme un peu, on jette & gaspille beaucoup (même questions ?)… belle & unique planète viable, tu nous sers de poubelle, de conteneur éparse pour nos détritus multiples.

La sirène fait silence, elle meurt, nous l’avons tuée, d’autres agonisent avec elle. Que peut faire l’espèce humaine dès maintenant pour arrêter cette macabre tragédie ? Que veut-elle ?

7 juillet 2017