Porté par le souffle, profitant du flux chaud pour une somptueuse ascension, le petit oiseau s’envole & s’élève. Point trop bas pour ne pas mouiller ses ailes & éreinter sa portance, ni trop haut pour ne consumer son délicat costume de plumes.

Vol en harmonie avec les éléments qui l’entourent, partage intelligent des ressources pour un voyage libre & frivole. Seuls les oiseaux de fer viennent polluer sa sérénité & troubler son majestueux ballet aérien.

Quelques turbulences viennent parfois déstabiliser son équilibre au sein du ciel. Rencontres intempestives perturbantes, inconfortables, le beau volatile voguant paisiblement perd cap & rythme. Parfois, il bat des ailes à perdre haleine affrontant des vents contraires le laissant sur place & l’épuisant.

Exténué par cette résistance acharnée, il se retourne & s’aligne dans l’axe de cet obstiné vent contraire pour amorcer un inquiétant piqué vers un lieu plus accueillant où il pourra se restaurer. Ressourcé & paré pour un nouveau périple, il quitte le sol ne comptant que sur la force de ses ailes pour rejoindre des couloirs de vol plus chaleureux.

Voler, aimer, des sensations superposables. Équilibre enjoué quand les conditions sont favorables. Surgissent parfois de manière impromptue des turbulences qui déstabilisent l’agréable balade. Ajuster en permanence la balance passionnelle en se fiant à nos intuitions & notre proprioception apparaît comme un défi accessible & stimulant.

Le plaisir ressenti pendant ces vols fusionnels avec les éléments dépasse de loin le risque de venir s’écraser contre une quelconque vitre. Quand l’art du vol soutient les coeurs…

3 mai 2015