Il est parfois de ces instants où le temps s’estompe brièvement. On se demande ce qu’il conviendrait de faire. En tentant de ne pas paniquer, on reprend avec difficulté son souffle. L’oppression prend de l’ampleur, envahit l’ensemble du corps, comprime à en faire mal.
La peur, l’inquiétude, une sensation d’ingérence extrême qui fascine autant qu’elle déprime. On s’offusque de se figer pour si peu, la gorge sèche, le pouls rapide et bien trop filant. Le temps s’arrête, les secondes ne défilent plus, l’univers interrompt son mouvement comme si cela nous permettait de retrouver un semblant de lucidité.
Est-il déjà trop tard ? Que va-t-il advenir ? Début d’un calvaire, semblant d’enfer ? Peu fier, adieu arrogance & manigances. On se contracte, prostré, désemparé, incapable de juger l’obstacle et encore moins de juguler cet insistant présent dément.
Nul n’accourt ni nous rassure. On voudrait pleurer pour ne pas étouffer, crier à s’en épuiser pour ne plus rien ressentir et penser ne pas souffrir. La vie s’éloigne, s’assourdit, diminue. Est-ce lancinant, brutal, triste, émouvant ? Désire-t-on vraiment le savoir ? Pourquoi s’octroyer de telles pensées moroses, sinistres ? On s’en étrangle d’étrangetés.
Décalé, arraché des troubles eaux corticales, voguent ces vagues pensées parasites et insensées. Ultimatum d’une finalité nichée tel un trésor introuvable qui ne demande qu’à prendre vie ici et maintenant. Le temps repart, le coeur pulsant l’esprit évanescent.
20 janvier 2017