Armadas de bolides fusant à toute allure sur les réseaux d’asphalte qui prolifèrent. Des cubes de métal qui se collent & se suivent, se doublent, à qui ira le plus vite… En ville, dans les villages, sur les petites routes, les autoroutes, partout en fait, les conducteurs deviennent chauffards, grincheux, nerveux, inciviques. La guerre du bitume, ce fléau.

Pressés, agacés, poser les enfants à l’école ou à la garderie, être à l’heure au boulot malgré les embouteillages, se farcir une journée à la con avec un travail par forcément épanouissant où l’on impose cadences & subit une carence en reconnaissance. Siècle de la productivité, de la rentabilité, civilisation qui se déshumanise peu à peu à cause du marché.

Diesel Gates , bagnoles motorisées tels des dragsters, timides réglementations inapplicables, des pistes de F1 en plein bourg offrant de sublimes lignes droites au conducteur pressurisé par son mode de vie occidental aliénant. Tout semble pousser à la compétition ceux qui s’incarnent en pilotes de bolides fumants, bruyants, effrayants & polluants.

La raison s’évapore du cockpit & laisse rugir le cerveau reptilien de l’individu devenu kamikaze de la voirie. Les constructeurs jubilent à grand coup de com sexy pour distribuer larga manu les fusées sur roues débridées. Entre leasing & prêts à loisir aux surendettées de cette époque folle, rien n’arrête ce marché de la vitesse & du frisson qui pollue & tue.

Caddies motorisés pour dévaliser ces autres monstres que sont les supermarchés, la vie moderne ne cesse de décérébrer un à un les humains. La folie se nomme progrès & profits.

23 mai 2017