D’innombrables personnes sont venues me confier leurs secrets, leurs vies, leurs difficultés et tant d’autres soucis. Ils m’ont témoigné une belle confiance en partageant leur instants les plus intimes. Certains l’exprimaient par la plainte, d’autres par leurs larmes. Quand quelque uns confus s’emportaient ne comprenant pas le pourquoi de leur mal-être, d’autres souriaient tendrement me remerciant de les avoir écoutés et soulagés.

Plusieurs années à entendre, comprendre, tendre la main, offrir mon temps, mon empathie et éponger la souffrance délivrée sans écrin. De nombreux moments ainsi passèrent, s’enchaînèrent. La vie humaine, ses troubles, ses joies, ses détresses, tous vinrent se livrer du lever du soleil à la tombée de la nuit. J’y ai mis du coeur, de la passion et de la patience. C’est avec sincérité que j’ai essayé d’accueillir au mieux toutes ces personnes.

Toutes et tous rencontraient des moments de chagrin, de morosité. Que ce soit face à la maladie, à la mort d’un proche. Parfois des enfants, parfois des plus âgés. J’ai accompagné des couples qui allaient découvrir le veuvage et son lot de solitude. Des parents qui allaient perdre un enfant, des enfants qui allaient ou avaient perdu un parent. Tant de larmes ont coulé ici, tant de chagrins qui demeureront à jamais inconsolés. La vie débute par des cris. Elle termine sur un dernier soupir. L’entre-deux reste propre à chacun.

Regretter de ne pas avoir assez fait, dit, témoigné, pardonner, aimer… N’est ce pas cela qui nous peine tant dès qu’un proche s’éteint, s’en va et que l’on sait qu’il ne reviendra plus ?

23 janvier 2017