Nature paisible & délicate. Le souffle du vent, tel un bâton de pluie, carillonne dans les feuillages. Subtil caméléon nuancé par les saisons. Atmosphère sage, organisée, chef d’oeuvre de l’évolution. Partage raisonné du fertile terreau sans querelles entre racines.

Imaginons que notre écosystème fonde les plombs. Projetons-lui notre fonctionnement discordant. Les arbres assoiffés d’excès de nutriments décident de partir en quête de parcelles habitées. Disparition du calme & de l’harmonie au sein du biome.

Auto-attribution désirée du statut de conquérant attiré par l’outrance d’apports dysnaturels. Excitation perfide de subtiliser aux frères de sève leur niche écologique. Gonflée de chlorophylle bouillonnante, la horde se structure & part en guerre pour une parcelle de terre qui ne leur est toutefois pas nécessaire.

Abattre le tronc de leurs propres compagnons, déraciner sans regret l’autre partie de la forêt. Extirper à l’autre son lieu de résidence sous prétexte de cupidité. Place à l’exorbitance & la surconsommation injustifiées des dérobées denrées.

Nos épiques envahisseurs repus en oublient la défunte collaboration systémique qu’ils viennent d’anéantir. Sans la moindre répugnance, les touffus malvenus poursuivent leur boulimique appropriation des sols. Les terres en friche signeront la fin de leur existence.

Sordide thriller incompatible avec l’équilibre de mère Nature. Pourquoi l’être humain se le permet-il envers ses homologues & son environnement ? Désir de puissance d’où débouche la nuisance ? Tragiquement attiré par le pouvoir, l’homme se condamne à s’octroyer des lendemains bien noirs. Prise de conscience de cette déviance attendue d’urgence !

27 mars 2015