Observer le Monde en variant la focale, du microscopique au macroscopique et vice versa, sans omettre les espaces négatifs, les interstices matriciels, les dynamiques de flux, enseigne bien au delà des connaissances théoriques proposées par le système éducatif. N’oublions pas l’image des trois singes de la sagesse.

Le Monde allant de la plus petite particule élémentaire de terre, d’air, d’eau, en passant par la faune, la flore, la fonge, les animaux (inclus l’humain)..., pour atteindre un cosmos expansif insondable dans son intégralité.

Tout étant inter-relié, il serait présomptueux de prétendre connaître par l’observation, l’analyse et l’extrapolation, le fonctionnement intégral de ce Monde et encore moins d’être en capacité lucide de prévoir son devenir avec certitude. Sage serait celui qui admettrait qu’il n’en sait rien et ne perdrait pas de temps à prévoir l’imprévisible, et encore moins à s’engouffrer dans des considérations probabilistes mathématiques à la recherche d’une méthode supposée fiable de prédiction.

Le risque est inhérent à la vie. Soit nous feignons de ne pas le savoir, soit si nous prétendons vouloir le contenir et le prévenir, autant le faire avec une honnête humilité.

Replacer l’humain sur l’échelle micro/macro cosmique des grandeurs / importance / influences suggère que son éminence devrait s’exprimer avec une certaine retenue après avoir pris le temps d’y cogiter paisiblement.

La sécurité est une approche bien humaine. Elle génère bien plus d’angoisses chroniques qu’elle ne prévient de dangers aigus que l’on aurait pronostiqué approximativement comme évitables.

Ce n’est pas sans conséquence, tant la certitude de l’incertitude trouble déjà de manière presque paralysante la conscience qui se découvre à chaque instant.

Compiler des strates de scories génère un beau tas sédimentaire sans autre fonction que d’accumuler du superflu. La complication qui en découle manque de simplicité pour prétendre comprendre ou influer la complexité universelle.

De ce préambule alambiqué émerge la rencontre « risquée ? :) » de l’humain avec la complexité du Monde dont il est partie intégrante.

Dépasser ce déni qui arrive à maturité procède d’un choix devenu nécessaire.

Les veilles méthodes ayant un temps étaient utiles partiellement sont périmées pour continuer de faire semblant de gérer quoique ce soit.

La planification, l’organisation, la gestion, la maîtrise, et autres synonyme d’une prétentieuse égomanie manquent d’élégance et de finesse dès lors qu’on s’autorise à la mettre en perspective avec les « standards » de charmes de Mère Nature.

Découpe, séparation, manipulation, et autres mensonges et narquois processus seraient-elles des créations infantiles de notre espèce ? Ces aléas de jeunesse nuisent au reste de l’écosystème et ne concèdent aucune plus value au rôle et à la place que nous voudrions y occuper.

S’économiser peurs et agacements chronophages face à cet univers non maîtrisable soulagerait en agitations dont l’utilité résiduelle n’est autre que facultative.

Intuition et bon sens rationnel érodés par tant de gesticulations aboutissent à une culture du délétère.

Alimenter le réel en pérégrinations psychiques bancales amènent à sa chaotisation par insertion de complications dont il n’a pas besoin pour exister.

Que fait-on ? N’est-il pas parfois indispensable de ne rien faire plutôt que de précipiter une réaction plus nocive qu’effective ?

Pour revenir au monticule de scories accumulées dans le temps et l’espace, nous allons devoir nous y pencher avant de brandir la sacro sainte innovation qui ne fera pas long feu sur une histoire cosmologique banalisée.

La facilité de s’épargner ces fouilles ne ferait que pérenniser les croyances que nous avons que bien trop nourries.

Entrer dans l’ère gazeuse de l’information ne peut se faire dans un brouillard de connaissances approximatives. Garder le mouvement pour ne pas perdre en vitalité, certes, mais courir sans projet calmement et clairement défini mène à l’épuisement et à l’insatisfaction.

D’où venons-nous et où allons-nous et pourquoi faire ?

Ignorer l’environnement, son influence, son histoire, s’ajoute aux autres handicaps que l’on maintient enracinés sans oser en admettre les motifs.

Le temps passe, les générations se succèdent, les connaissances se perdent, la Sagesse se tarit.

Et pourtant, le Monde avance encore, quoique la Terre affiche de plus en plus triste mine. Déni, colère, négociation, sublimation... où en sommes- nous ?

Le déni a la peau dure semble-t-il. Les défis en cours sont une mise en bouche et ceux à venir seront d’autant plus abruptes et rudes que nous nous obstinerons à poursuivre dans la dynamique qui nous y conduit.

Ce qui peut apparaître paradoxale intègre une logique des plus rigoureuse. Mais nous ne voulons pas le voir, l’entendre et encore moins en parler. Les croyances, quelles soient historiques, religieuses, politiques, scientifiques, médicales... et bien d’autres, nous rendent intensivement astigmates.

Comment pourrions-nous expérimenter calmement ces évènements en cours et à venir avec lucidité et discernement ?

Avons-nous un ou plusieurs problème(s) ? Et si oui, quels sont-ils précisément ?

De là, il sera peut-être possible de réfléchir collectivement à pourquoi et comment accompagner l’émergence de possibles désirables, fiables et viables sur le long terme.

Avant tout, nous devrons définir le vrai sens des mots et des maux.

L’information n’a de sens que si elle est comprise de tous et qu’elle est utile et non polluée. Nous devrons également considérer la légitimité de notre modèle social qui n’a plus à démontrer son inefficacité.

Le monopole quelqu’il soit est un mastodonte énergivore, stupide et dangereux. Considérer les réseaux interdépendants avec des échelles raisonnables de taille, de densité, d’espacement, ainsi que les flux entrant / circulant / sortant d’informations, d’entités, et tout ce qui concerne les indispensables ressources (de l’extraction à la destruction en passant par leurs diverses métabolisations).

Trier les connaissances et expériences éprouvées et non avariés par le temps ou l’orgueil manipulant de quelques uns permettrait de récolter les bases d’un terreau fertile pour construire ensemble un avenir émergeant et devenant plus séduisant qu’un projet sécuritaire cristallisant.

Parvenir à cette transition sans sombrer dans le registre collapsologique est une possibilité sous condition d’être à la hauteur de l’enjeu de civilisation que nous voudrions bien vouloir clarifier sans tarder.

S’approcher de la sublimation de nos contorsions évolutives accorderait un zeste de souplesse et d’organicité à nos graduelles et cycliques tribulations.

Nous avons l’avantage de pouvoir y penser et l’inconvénient d’être assez con pour ne pas le faire...

EDEN, au delà du mythe, du rêve à la réalité ? : Imaginons une expérience grandeur nature est mise en place de manière coordonnée par l’ensemble de l’humanité. On décide qu’à partir d’une date définie et proche (maximum sous 7 jours pour définir la date, maximum 30 jours pour l’échéance, que les personnes s’organisent, sans panique, sans stocker...), nous allons tous éteindre nos ordinateurs, nos téléphones, nos éclairages... Les centrales électriques seront également mises à l’arrêt. Avions, voitures, motos, bateaux... en mode parking.

Les guerres sont mises en pause.

Les banques sont fermées ainsi que tout ce qui se rapporte à la finance notamment les bourses en ligne...

Internet sera également mis en sommeil. Déconnexion des satellites, des antennes relais et de tout ce qui peut parasiter l’écosystème dans son ensemble.

Partant de ces premières propositions, non exhaustives et à compléter, sans entrer dans des négociations capricieuses de « mais on ne peut pas se permettre... », nous envisageons une période expérimentale de 7 jours avec un point d’étape.

Les suggestions en amont de l’expérimentation pourraient se résumer à « profitez en pour faire des choses qui vous font vraiment plaisir et sont importantes à vos yeux », « passez du temps avec vos proches, discuter autour d’un feu de cheminée, partager vos idées, ressentis..., imaginez des lendemains plus vivants, plus chaleureux... », ou des orientations plus élaborées.

N’omettons pas de préciser que cette mise en pause de nos modes de vie consumés par la vélocité d’un productivisme insensé nous autorisera à ne pas aller travailler comme à l’accoutumée.

Le métro boulot est en veille, le dodo reste possible, et la sieste recommandée pour ceux qui le souhaitent bien entendu :) Sans qu’il ne soit question de tomber dans la paresse ou la procrastination.

Il s’agirait de retrouver notre lucidité psychique, ce qui devient presque impossible dans un monde où tout est chronométré, étalonné, standardisé... et subit !

Face à l’inconnu, la première réaction pourrait être la panique généralisée par fantasme anticipant. D’où le délai semi court et pas trop long.

Est-ce dangereux ? La question se pose notamment pour les personnes nécessitant des soins par des outils alimentés par l’électricité. Nous aurions 30 jours pour trouver des solutions alternatives créatives, il en a plein, et cela permettrait de faire enfin un vrai tri entre l’utile avéré et le superflu lucratif.

Les défis permettent parfois de dépasser la zone de confort nous limitant dans de vieux schémas de pensées.

La question se posera également concernant le rôle des soignants auprès de ces personnes notamment, ainsi que tous les fragiles / vulnérables qui ne doivent leur survie pour la majorité qu’aux bonnes âmes qui s’efforcent de les soutenir au mieux sans considération sincère par la société ou les pouvoirs en place.

Comment permettre à chacun de lâcher vraiment prise sur un réel devenu fou et invivable afin de retrouver un calme oublié depuis si longtemps ?

La aussi, en 30 jours, les esprits faisant preuve de discernement parviendront sans difficulté à trouver des solutions expérimentales certainement plus fiables que le fiasco dans lequel nous vivons et qui s’aggrave de jours en jours.

Le globe demeure rond, fini, et inter-relié, donc l’expérimentation ne pourra se contenter d’être limitée dans le temps et l’espace sous peine de non représentativité des effets éventuellement observables.

Pourquoi une telle expérimentation, jamais tentée, comporterait-elle plus de risques que nos modes de vie actuels ? Si l’on y pense, vraiment, que risque-t-on à ralentir avec implication et détermination, tout du moins pendant une semaine ?

Que pourrions-nous découvrir, sur nous-même, sur le Monde, sur les écosystèmes, l’environnement... ?

Se pourrait-il que les fleurs, les arbres et les fruits, les espèces vivantes, nous y compris, moins pollués, empoisonnés (air, eau, terre, wifi, Gsm divers, 3G/4G/5G, satellites...) commencent à retrouver une vitalité qui s’étiole réellement depuis l’emballement de la société industrielle ?

Se pourrait-il que nos esprits, nos corps, idem pour animaux, insectes..., retrouvent un calme et une sérénité oubliés par le culte de la vitesse, du bruit, du néon qui clignote et tout le reste.

Certes, ce vide anticipé par l’idée d’une disparition (temporaire ?) du divertissement abrutissant ambiant et chronique, peut générer des angoisses de sevrage à des addictions dont nous ne voulons pas admettre notre pathologique imprégnation.

Se pourrait-il que nos organismes, non parasités par des stimulus pathogènes sur l’homéostasie d’un organisme biologique, puissent retrouver une capacité résiliante d’équilibration oubliée / effacée par la médicalisation de la vie que nous empoisonnons assidûment avec une nonchalante perversité et pour certains à dessein ?

Personne ne peut répondre à ces questions. D’où la notion d’expérimentation, Collective ! Les opportunistes étant systématiquement tapis dans l’ombre, à l’affût de marchés de niche profitable, quoique là, la neutralisation temporaire de l’économie pénaliserait peut-être leurs argumentaires.

Mais ils sont pleins d’idées, prévoyants, parfois fourbes...et renoncer à l’opulence doit être un des sacrifices les plus difficiles à accepter.

De Quels dangers réels, fondés, argumentés pourraient bien justifier de ne pas envisager d’y penser et pourquoi pas de le faire ?

Qu’aurions-nous à y perdre ?

Qu’aurions-nous à y gagner ?

Au delà des bénéfices potentiels non connus, il y a ceux que l’on peut admettre comme plus que possibles. A savoir, réinvestissement du lien (convivialité vraie), qu’il soit familial, amical, avec soi aussi.

Retrouver le temps, son temps.

Ne plus voir le monde défiler à des vitesses imposées par autrui et sans aucune justification fondée tant au niveau éthique, collectif, utilitaire / fonctionnel ou social.

La course au temps n’est guidée que par la recherche de l’optimisation des profits. Oublier la racine de cette vélocité (imposée ?) n’ayant aucun sens autre que celui de la course en avant pour amasser plus de capitaux en consommant un maximum de ressources possibles, en un temps record, et tant pis si c’est pour gaspiller, détruire, polluer, nuire, tuer...

Les détracteurs viendront vendre l’économie circulaire, les démarches inclusives, la démocratie participative ... et tout un tas de nouveaux packaging emballés de beaux papiers cadeaux ne contenant que trop souvent des resucées acidulés d’anciens systèmes obsolètes et mortifères.

Peu importe, tant qu’ils ont la main, le monopole, et qu’ils peuvent en faire leurs choux gras.

Et si nous envisagions d'aller nous abreuver à la source fraîche de la rivière, profiter de la terre, de l’air pur, du silence, du calme et de nos proches dans un cadre non strident, simplement pour voir ce qui se passe. 7 jours seulement, pour simplement marcher, observer, écouter, sentir, goûter, toucher, ressentir... s’amuser, aimer...faire du vélo, pécher, bricoler à la main, jardiner...

Qui sait, peut-être qu’après les premiers instants ou jours de déroute, y prendrions nous (tous ou presque tous) plaisir et goût, en demanderions même quelques jours de plus, et pourquoi une semaine, un mois...

Nous serions plus susceptibles de changer d’habitudes (intéressant si mauvaises, nuisibles) au bout d’une trentaine de jours.

Beaucoup sont certainement tout à fait satisfaits (comme ils disent dans les sondages) de leur mode de vie actuel.

Est-ce la grande majorité ? Est-ce vrai ou est-ce une croyance, ou un biais cognitif sous influence conditionnée ?

Est-ce viable (dans de bonnes conditions, entendons-nous bien) sur le moyen terme si l’on continue ainsi (frénésie de l’inégalitaire « modernité » ?

Euh... doutes ... tant de signaux d’alertes s’allument que la planète ressemble à un stroboscopique sapin de Noël vue du ciel.

Et si nous arrêtions de croire au Père Noël et que nous nous mettions vraiment en situation d’entreprendre un véritable projet collectif qui ait du sens, qui soit utile, durable, faisable et ambitieux ?

Il s’agirait d’un projet collectif d’ampleur, certes, et vraiment « innovant » pour le coup...

Après chacun est libre d’en penser et d’en faire ce qu’il veut...

Quoiqu’il en soit, la civilisation, si elle n’est pas encore tout à fait en fin de vie, son état décline à une vitesse sidérante qui interroge vraiment sur les causes et enjeux à mettre en perspective avec logique et authenticité.

Le réel nous assigne à une réflexion des + sincères...

« Entre des hommes libres, des rapports sociaux productifs vont à l’allure d’une bicyclette, et pas plus vite. » Ivan Illich

Pensées de Février 2021