Nous courons sans cesse après le temps. Vies rythmées, existences cadencées. Tempo étourdissant qui nous épuise. L’accélération octroyée par la technologie rend parfois service. Souvent ce flux numérique devient supplice.

Prenons-nous encore le temps d’apprécier nos quotidiens ? Savourons-nous suffisamment nos vies ? La pendule nous guette. Le chrono nous traque. Tic Tac soufflent l’horlogerie. Point de temps de pause. Socialisation virtuelle en temps réel induisant la perte de nos repères intemporels. D’où l’on s’égare vers un réel qui n’existe plus & ne nous touche pas.

Perdus dans une matrice organisée par le prestissimo, nous en oublions nos pairs. Course au pécule où n’est à l’aise que celui qui y spécule. Le restant de la multitude galope à la poursuite de ses journées. Pas une seconde pour sourire. Pas une minute pour le loisir. Comme si la terre tournait plus vite si l’on pulvérisait des records dans nos agissements.

Nos vies sont limitées. Pourquoi vouloir les consumer par la vitesse ? Comment réagit le plaisir lorsqu’il franchit le mur du son ? Voir nos journées défiler plus rapidement que la lumière nous apporte-t-il plus de béatitude ?

Tout s’accroit, tout augmente, tout accélère & dégénère. Nous sentons nous mieux ? Plus le temps de se regarder, de se parler ni de s’écouter. Obsédés par l’angoisse de la ligne d’arrivée nos vies s’en trouvent précipitées. Nos métronomes s’égarent & le temps s’improvise en tare. Ralentissons, observons, apprécions, partageons & retrouvons notre raison avant qu’il ne soit trop tard.

15 mars 2015