Bordel que ce monde est clos. Certes il est rond, il est surtout très con. Qui verrouille tout? Même pour respirer il faut raquer. N’ayant pas croisé de péage lors de nos premiers instants sur terre, envisager un zeste de liberté restait permis. Gamin, on court, rien ne nous retient. On crie & rigole à tout va, l’air est léger. Le « cadre » reste silencieux.

Moments plaisants, nulle contrainte à chaque instant. Quel plaisir d’être un enfant insouciant & insolant. Puis vient le jour où surgit le poids normé des conditions. Lève ton doigt intrépide kid! Sinon au coin fissa avec un bon coup de pied au cul. On grandit & s’assagit, nos conduites sont pensées afin d’éviter les ennuis. Tout cela devient vite chiant comme la pluie. Quoiqu’elle mouille et chatouille, rien de tel qu’une bonne saucée bien plus douce qu’une fessée. Un mot de travers, un geste déviant & la belle société aux lignes rangées militairement nous colle au mitard.

Derrière les murs, autant de rebelles que d’aliénés. Ces « anomalies sociales » qui n’ont à se reprocher que de s’être interrogés sur les réalités de leur existence se retrouvent cloitrer en moins de deux. Gesticuler de travers, hors de questions! Politesse, silence, pincement de lèvre & serrement de cul, tout un art du paraître digne dans une société ou faut raquer pour exister. Clou ton bec, épargne quelques kopecks, avec un peu de grappes, ouvrir cette sublime fenêtre devient possible.

Monde dirigé, monde aliéné, toutes différences y sont gommées. Plaisir & vie ont désormais un prix. Obstacles futiles & virtuels, fuckin masters, je vous emmerde.

21 janvier 2015